La presse
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Julien Hernandez

29-08-19

 

La difficulté du diagnostic de la maladie de Lyme fait l'objet d'intenses querelles entre spécialistes et contribue à décliner la confiance des patients envers leur médecin. Une nouvelle approche métabolomique pourrait apporter une solution.

La maladie de Lyme est un problème de santé croissant : 65.000 cas par an en Europe, 30.000 aux États-Unis avec des disparités fortes selon les régions. Les lieux forestiers et les climats humides sont des zones à risque comparés à la garrigue méditerranéenne par exemple. Si le diagnostic clinique ne fait pas grand débat (érythème migrant, lésion unique avec les tiques européennes, troubles neurologiques, rhumatologiques, etc.), le diagnostic sérologique, lui, est plus sujet à controverse. En cause, la diversité des espèces pathogènes qui transmettent la maladie en Europe (à l'inverse des États-Unis où la maladie n'est transmise que par une seule souche). On dose alors les anticorps puis, si la sérologie est concluante, on tente de trouver des traces du génome de la bactérie chez l'hôte.

 

En guise de traitement, des antibiotiques sont prescrits. « Aucun test sérologique ne permet de faire la différence entre une infection passée et une infection active. Le rôle de l'interniste est double : penser à une maladie de Lyme devant des symptômes focaux et/ou généraux mais aussi ne pas attribuer à tort à une maladie de Lyme des symptômes qui doivent faire ouvrir le champ des diagnostics différentiels. » Cette phrase tirée d'une mise à jour concernant le diagnostic et la prise en charge de Lyme reflète bien l'état de la complexité de la maladie. Devant cette complexité de diagnostic des personnes auto-proclamées spécialistes de la maladie de Lyme « chronique » (dont certains symptômes sont toujours présents après les traitements), non reconnue à l'heure actuelle par la communauté scientifique, une nouvelle méthode diagnostic pourrait être utile. 

 

Retrouver les signatures moléculaires de la bactérie 

 

Parue dans la revue Frontiers in Cellular and Infection Microbiology, cette étude effectuée chez l'animal représente un changement de paradigme dans les tests de diagnostic de maladie plus complexe. Au lieu d'un seul virus ou d'un seul marqueur, ces approches dites « multiformes » tentent d'appréhender une pluralité de biomarqueurs. « Cette étude représente un nouveau paradigme croissant pour les diagnostics médicaux », déclare Joshua LaBaer, directeur exécutif du Biodesign Institute de l'Arizona State University. « Nous réalisons de plus en plus que l'ancienne méthode consistant à mesurer un seul marqueur en tant qu'indicateur pour tous les individus infectés ne fonctionne pas pour de nombreux agents pathogènes. » Cette méthode doit maintenant faire ses preuves chez des sujets humains………

 

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